Dans le cadre de la Monterey Car Week, qui se déroule du 15 au 21 juillet, RM Sotheby’s organise sa vente aux enchères. Parmi les centaines de lots proposés, Auto et Styles a sélectionné 5 autos ayant marqué de leur empreinte l’histoire de l’automobile.

Vente RM Sotheby’s – Monterey Car Week 2016 : le top 5 du blog Auto et Styles

1. Shelby 260 Cobra “CSX 2000” (1962)

Shelby 260 Cobra CSX 2000 (1962) - Crédit : Courtesy RM Sotheby's

Shelby 260 Cobra “CSX 2000” (1962) – Darin Schnabel ©2016 Courtesy of RM Sotheby’s

La Shelby 260 Cobra “CSX 2000” est tout simplement la première Shelby Cobra de l’histoire. Il s’agit d’une des autos les plus emblématiques de l’histoire du sport automobile américain, annonciatrice des futures Dodge Viper, Mustang GT350, Chevrolet Corvette Grand Sport ou Ford GT40. La “CSX 2000” est l’oeuvre de l’entrepreneur Texan Carroll Shelby, qui s’était fait remarquer trois ans plus tôt, en remportant les 24 Heures du Mans au volant d’une Aston Martin DBR1, en compagnie de Roy Salvadori.

La conception et la commercialisation de ce premier modèle historique furent possibles grâce aux partenariats établis avec la firme anglaise A.C. Cars et la Ford Motor Company, qui apporta les fonds de départ pour la construction des premiers modèles. Cela explique pourquoi la “CSX 2000” hérita du V8 Ford de 260 ch équipant déjà la Falcon Sprint. La “CSX 2000”, qui est la première Cobra de l’histoire, fut construite avant l’arrivée de Ford au capital, avec un budget très limité.

Le succès de la compagnie reposait sur ce prototype et le partenariat impliquant les trois entreprises. En effet, l’exemplaire mis aux enchères par RM Sotheby’s fut le seul et unique modèle existant pendant les cinq premiers mois d’exercice de la compagnie. L’auto ayant été repeinte à plusieurs reprises durant cette période, pour les besoins de la promotion, rien ne laissait à penser qu’un seul et unique modèle était alors utilisé lors des démonstrations et des essais presse. Une chance que l’auto ne fut pas endommagée par un journaliste maladroit !

La suite on la connaît. Carroll Shelby fera de la Cobra une voiture de sport mythique, avant de concevoir les Mustang GT350 et GT500, puis de conduire Ford à la victoire aux 24 Heures du Mans avec la GT40, en 1966 et 1967.

2. Jaguar Type-D (1955)

Jaguar Type D (1955) - Crédit : Courtesy RM Sotheby's

Jaguar Type-D (1955) – Patrick Ernzen ©2016 Courtesy of RM Sotheby’s

Cette Jaguar Type-D de 1955 mise en vente par Sotheby’s dans le cadre de la Monterey Car Week est un modèle d’une très grande valeur. Elle figure en très bonne place parmi les Jaguar les plus marquantes de l’histoire automobile. Cette voiture a remporté les 24 Heures du Mans 1956, sous la bannière de la renommée Ecurie Ecosse, avec Ninian Sanderson et Ron Flockhart au volant. En 1956, sur les 49 équipages engagés aux 24 Heures du Mans, seuls 14 virent le drapeau à damier, cette épreuve s’étant déroulée dans des conditions dantesques.

Sotheby’s précise également qu’il s’agit, pour ce qui concerne les Type-C et D, de l’unique Jaguar vainqueur au Mans à demeurer dans un état semblable à celui dans lequel elle était à l’issue de la course. Sous le capot, on retrouve le moteur six cylindres 3.4 L de la Jaguar XK (numéro de moteur : 2036-9), qui avait déjà permis à la Type-C de triompher au Mans. Ses trois carburateurs Weber permettent à la Jaguar Type-D de disposer d’une puissance d’environ 250 ch.

Alors que seulement six Type-D furent construites en 1954 (châssis numéros XKD401 à 406), dès 1955, Jaguar procéda à la fabrication de quarante-cinq châssis, pour répondre aux exigences de la FIA en terme d’homologation. L’auto vainqueur des 24 Heures du Mans 1956 porte le numéro de châssis XKD 501. Il s’agit donc de la première Jaguar Type-D construite pour un team privé puisque les six premiers exemplaires assemblés en 1954 étaient destinés à être engagées en compétition par l’usine Jaguar elle-même.

3. Ferrari 268 SP by Fantuzzi (1962)

Ferrari 268 SP by Fantuzzi (1962) - Crédit : Courtesy RM Sotheby's

Ferrari 268 SP by Fantuzzi (1962) – Tim Scott ©2016 Courtesy of RM Sotheby’s

Construite à seulement six exemplaires, la Ferrari 268 SP est considérée comme une pièce maîtresse de la marque italienne. Ce châssis – le troisième assemblé – servit de voiture d’usine et de développement lors de la saison 1962. A l’occasion de la conférence de presse de février 1962, quatre exemplaires de la Ferrari 268 SP, dotés de quatres moteurs différents, furent présentés aux côtés des nouvelles 156 F1 et 250 GTO.

Seulement deux des six exemplaires produits sont alors équipés du très rare V8 Ferrari 2.4 L à 90 degrés de l’époque : celui mis en vente – le châssis numéro 0798 – et le châssis numéro 0806, utilisé lors de la conférence de presse. Mais ce moteur ayant déçu lors les 12 Heures de Sebring, en mars 1962 (la mieux classé des 268 SP terminera seulement 13e), il sera remplacé par un V8 2.6 L, pour équiper les châssis numéros 0798 et 0806. Seulement quatre exemplaires de ce moteur (Type 202) furent construits.

Au Mans, lors des essais du mois d’avril, le châssis numéro 0798 fut confié à Ricardo Rodriguez, Lorenzo Bandini, Mike Parkes, Olivier Gendebien et Willy Mairesse. En course, cette auto pilotée par Giancarlo Baghetti et Ludovico Scarfotti abandonna après 230 tours, trahie par son embrayage. Ce châssis numéro 0798 fut racheté par Luigi Chinetti, pour concourir sous la bannière NART (North american racing team) après Le Mans et jusqu’en 1963, année durant laquelle l’auto fut rachetée par Buck Fulp.

L’année suivante, l’auto est cédée au privé Tom O’Brien. C’est durant la saison 1964 que ce châssis obtiendra ses meilleurs résultats en course, avec trois victoires au général et le gain du titre dans la classe D du championnat SCCA. En 1965, O’Brien revend l’auto à l’un de ses employés, Robert Hutchins, qui continuera à l’engager en compétition durant deux saisons, sans grand succès. Elle fut ensuite récupérée par Luigi Chinetti, avant d’être revendue à Pierre Bardinon, qui la conservera pendant 27 ans dans sa collection privée, au Mas du Clos. Au début des années 70, l’auto fut restorée par Fantuzzi.

4. Alfa Romeo 8C 2900B Lungo Spider by Touring (1939)

Alfa Romeo 8c 2900b Lungo Spider by touring (1939) - Crédit : Courtesy RM Sotheby's

Alfa Romeo 8C 2900B Lungo Spider by Touring (1939) – Darin Schnabel ©2016 Courtesy of RM Sotheby’s

L’Alfa Romeo 8C 2900 est souvent considérée comme l’une des voitures de sport parmi les plus remarquables de sa génération, au même titre que la Bugatti Atlantic. Cet exemplaire provient de la collection Sam & Emily Mann. Si 39 châssis 2.9 ont été construits, il existe seulement douze exemplaires du Spider Touring, dont 7 en version châssis long. C’est la première fois depuis plus de quinze ans qu’un tel modèle est vendu aux enchères.

Le châssis 2.9 est l’oeuvre du carrossier milanais Touring. La Carrozzeria Touring est l’inventeur d’une technique révolutionnaire de conception de châssis appelée Superlegera. Le dépôt d’un brevet pour cette technique de conception coïncide vraisemblablement avec la création de la pièce maîtresse d’Alfa Romeo.

A partir de 1994, à la demande Sam Mann, cet exemplaire a été restauré par Tony Merrick, qui est à l’origine de la restoration de 10 des 12 châssis Alfa Romeo 2.9 existants. Avec le concours de Simon Moore, autre grand spécialiste de ce modèle, Sam Mann va acquérir un moteur de 8C 2900B original (numéro 422042), ce qui permit d’effectuer une restoration dans les règles de l’art.

Equipée d’un moteur 8 cylindres en ligne développant 180 chevaux, l’Alfa Romeo 8C 2900B Lungo Spider by Touring est considérée par les spécialistes comme une auto intemporelle, une supercar des années 30 exceptionnelle, alliant à la fois la performance, l’élégance et le confort. Trois caractéristiques difficiles à réunir en 2016 pour ce type d’auto.

5. Ferrari 250 GT LWB California Spider by Scaglietti (1958)

Ferrari 250 GT LWB California Spider By Scaglietti - Crédit : Courtesy RM Sotheby's

Ferrari 250 GT LWB California Spider By Scaglietti – Robin Adams ©2016 Courtesy of RM Sotheby’s

L’exemplaire mis en vente par Sotheby’s (châssis numéro 1055) est le 11e des 50 exemplaires de Ferrari 250 GT LWB California Spider construits entre 1958 et 1960. Cette auto a notamment été la propriété du célèbre collectionneur de Ferrari, Anthony Wang.

L’histoire du Spider California est intimement liée aux deux distributeurs américains de Ferrari d’alors, Luigi Chinetti et John von Neumann. Les deux hommes s’accordaient à penser que le marché américain accueillerait favorablement la commercialisation d’une version cabriolet de la 250 GT Berlinetta “Tour de France”. Chinetti et von Neumann vont alors user de leur influence auprès de la maison mère, convaincus que les clients Ferrari souhaitaient disposer d’un modèle proposant à la fois un niveau de performance équivalent à la “Tour de France” et un toit rétractable, idéal pour profiter du climat californien.

Au-delà de constituer un excellent moyen pour les riches clients Ferrari de silloner les routes côtières californiennes, la 250 GT LWB California Spider s’avèrera également être une redoutable machine de course. A son volant, Richie Ginther et Howard Hively remporteront les 12 Heures de Sebring 1959, dans la catégorie GT.

En juin de la même année, le NART de Luigi Chinetti permettra à la 250 GT LWB California Spider d’enregistrer son meilleur résultat en course, grâce à la 5e place obtenue aux 24 Heures du Mans par Bob Grossman et Fernand Tavano. A l’arrivée, la Ferrari du NART était seulement devancée par deux Aston Martin DBR1 et deux coupés Ferrari (250 GT LW et 250 GT Berlinetta).

A propos de l'auteur

Né au Mans à la fin des années soixante-dix, j’ai attrapé le virus de l’automobile et des sports mécaniques dès mon plus jeune âge. Passionné par les médias, l'image et ayant la fibre éditoriale, créer un blog auto s’imposait comme une évidence.

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