En 1996, avec huit victoires au compteur, Damon Hill devenait le 1er champion du monde de l’histoire de la Formule 1 à succéder à son père, Graham, titré en 1962 et 1968.

La saison 1996 est un peu celle de la dernière chance pour Damon Hill. Après trois années pleines en F1, le Britannique court toujours après une première couronne mondiale. En 1993, celui qui était l’équipier d’Alain Prost chez Williams Renault a fait mieux que se défendre, en empochant quatre victoires. Certes, la FW15C était imbattable, du fait de son avance technologique sur la concurrence, mais Hill devait lutter avec deux triple champions du monde, son coéquipier totalisant à lui seul 183 départs en Grand-Prix au début de la saison 1993.

En 1994, au cours d’une saison marquée par les accidents tragiques d’Ayrton Senna et de Roland Ratzenberger, survenus à Imola, le Britannique perdra le titre pilote pour un petit point, au profit de l’Allemand Michael Schumacher, qui décroche à cette occasion la première de ses sept couronnes mondiales, au volant de sa Benetton-Ford.

1995 : une saison à oublier pour Damon Hill

La saison suivante, les cartes sont redistribuées puisque le meilleur moteur du moment, le V10 Renault, équipe désormais les monoplaces des écuries Benetton et Williams. Du point de vue des observateurs, la Williams-Renault FW17 est la monoplace la plus homogène du plateau. L’auto conçue par Adrian Newey est aussi la favorite des médias.

Bien que disposant d’une machine à priori moins performante que celle de Hill et de Coulthard, qui est arrivé dans l’écurie Britannique en cours de saison 2014, Michaël Schumacher damnera le pion aux Williams, et à son coéquipier, Johnny Herbert, remportant pas moins de neuf victoires durant la saison, contre quatre pour Hill.

Michael Schumacher empoche ainsi son deuxième titre de champion du monde des pilotes, offre un premier titre constructeur à Benetton et égale le record du nombre de victoires obtenues en une seule saison, une performance réalisée par Nigel Mansell trois ans auparavant !

1996 : Un nouvel équipier en la personne de Jacques VilleneuveDamon Hill - Test Williams Estoril (1996) - ©Bruno Des Gayets

En 1996, en plus de devoir canaliser les ardeurs d’un Michaël Schumacher plus motivé que jamais, après l’obtention de ses deux titres consécutifs et son transfuge chez Ferrari, Damon Hill doit composer avec un nouvel équipier pour le moins talentueux. Il s’agit de Jacques Villeneuve. Le Canadien, dont le père, Gilles Villeneuve, a également participé au championnat du monde de Formule 1, de 1977 à 1982, arrive dans la discipline reine du sport automobile auréolé de sa victoire aux 500 miles d’Indianapolis et de son titre dans le championnat CART, la saison précédente.

Damon Hill dominateur en début de saison

Dès le début de saison, Hill frappera un grand coup, en terminant vainqueur des trois premiers Grand-Prix, en Australie, au Brésil et en Argentine. Le Britannique est talonné par son coéquipier, qui signe deux deuxièmes places, en Australie et en Argentine, lors des trois premières courses. Le ton est donné. La bataille s’annonce intense et dès le Grand-Prix d’Europe, la quatrième manche de la saison, qui se tient sur le tracé du Nürburgring, le Canadien remporte sa première victoire en Grand-Prix, devant l’Allemand Michael Schumacher.

Mais Damon Hill rétablit la situation le week-end suivant, en gagnant le Grand-Prix de San-Marin alors que Villeneuve ne termine que 11e. A mi-saison, Damon Hill totalise déjà 5 victoires, suite à son succès au Canada, sur les terres de Jacques Villeneuve, qui termine deuxième à seulement quatres secondes.

Michael Schumacher se mêle à la bataille entre Damon Hill et Jacques Villeneuve

La deuxième partie de la saison sera beaucoup plus disputée puisque les deux coéquipiers remporteront chacun trois victoires : en France, en Allemagne et au Japon pour Damon Hill, en Grande-Bretagne, en Hongrie et au Portugual pour Jacques Villeneuve. Les deux champions se livreront parfois à des luttes intenses, jusque dans les derniers tours, comme au Hungaroring, en Hongrie, où l’écart entre les deux hommes sera réduit à moins d’une seconde.

Durant cette deuxième partie de la saison, Michael Schumacher se mêlera à la bataille, avec des victoires en Belgique et en Italie, après son triomphe en Espagne au mois de juin. L’Allemand terminera troisième du championnat. Damon Hill devra attendre la dernière manche de la saison, qui se déroula à Suzuka, au Japon, pour pouvoir enfin succéder à son père, Graham Hill, titré pour la première fois vingt-quatre ans plus tôt, au volant d’une BRM.

Vingt ans après cet exploit, reste à savoir si Nico Rosberg sera, oui ou non, à l’issue de la saison 2016, le deuxième pilote de l’histoire de la Formule 1 à succéder à son père, en devenant champion du monde de la discipline. Kéké Rosberg avait conquis la couronne mondiale en 1982 sur Williams. C’est tout le mal qu’on lui souhaite !

Crédits photos : Bruno Des Gayets et Gérard Planchenault

A propos de l'auteur

Né au Mans à la fin des années soixante-dix, j’ai attrapé le virus de l’automobile et des sports mécaniques dès mon plus jeune âge. Passionné par les médias, l'image et ayant la fibre éditoriale, créer un blog auto s’imposait comme une évidence.

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