Alors que Renault annonçait récemment deux nouveautés, la Twingo GT et le concept Clio R.S. 16, il y a vingt ans, la marque au losange commercialisait le Spider Renault, le 1er modèle badgé Renault Sport.

Le Spider Renault puise ses sources dans le roadster Laguna, présenté en 1990 autour du thème du retour à l’extraordinaire (1). Allure de barquette, design épuré, châssis en aluminium, position de conduite sportive, le spider a tout d’une voiture de course. Initialement, cette auto vendue moins de 30 000 euros (200 000 F) était d’ailleurs vouée à la compétition, avant que son homologation pour la route ne soit décidée par la suite.

Spider Renault : une filiation forte avec Alpine

Pensé à partir de 1993, via le projet W94, le Spider sera présenté au début de l’année 1995, à l’occasion du salon de Genève, alors que la phase industrielle débutera en juillet et l’assemblage du premier véhicule en décembre de la même année. Entre temps, en avril, la production de l’Alpine A610 a cessé définitivement.

Le projet de petite Alpine (W71) n’ayant pas vu le jour, le Spider Renault devient le modèle sportif phare de la marque française, réutilisant le châssis de celle qui aurait du être l’A710 (2). A cette époque, Renault décide en effet de promouvoir sa gamme sportive, pour valoriser ses succès en Formule 1, plutôt que de développer Alpine. Pour rappel, de 1995 à 1997, Renault remporta trois titres consécutifs en tant que motoriste, au côté des équipes Benetton et Williams.

Signe de la filiation entre Renault Sport et Alpine, la barquette sera assemblée à la main par les mécaniciens d’Alpine, dans l’usine de Dieppe. La cadence de production sera d’ailleurs assez proche de celle de l’A110, avec environ 5 autos assemblées par jour. Le Spider Renault héritera par ailleurs des jantes de l’A610 alors que l’esprit des compteurs de la planche de bord est un clin d’oeil à la fameuse Berlinette.

Renault Spider - ©Bruno Des Gayets - Laurence Godart

L’assemblage du Spider Renault était effectué par la cinquantaine de mécaniciens d’Alpine, dans un seul et même bâtiment de l’usine de Dieppe.

Spider Renault : une routière novatrice

En ayant recours à l’aluminium pour la conception du châssis, avec le Spider, Renault Sport souhaite expérimenter un matériau d’avenir, en plus de concevoir un modèle sportif aux antipodes des puissantes GT d’alors. Légèreté, pouvoir amortissant, garantie de recyclage : le choix d’un châsis en aluminium présente de nombreux avantages pour un constructeur dont l’innovation fait partie intégrante de son ADN.

Renault Spider - ©Bruno Des Gayets - Gérard Planchenault

L’assemblage du Spider Renault était entièrement réalisé à la main.

Si l’auto est assemblée à Dieppe, le châssis est réalisé au Danemark par la société Hydro-Aluminium alors que la conception technique est assurée par Fior Technologie (devenu depuis Fior concept), qui a déjà l’expérience de la Formule Campus. Outre son châssis en aluminium, le Spider sera doté d’un moteur pendu en porte-à-faux arrière (le 4 cylindres de la Mégane Coupé 16V et de la Clio Williams développant 150 CV) et de suspensions à triangles superposés et axes transversaux, ce qui fait que sa conception est extrêmement proche de celle d’une voiture de compétition. Dans sa version routière, le Spider Renault était disponible avec un pare-brise ou un saute-vent aérodynamique.

Renault Spider - ©Bruno Des Gayets - Laurence Godart

Le Spider Renault était disponible en quatre coloris : jaune nacré, bleu nacré, rouge nacré et gris titane. Ci-dessus, le parc de livraison du Spider Renault Trophy.

Le Spider Trophy : une coupe mono-marque à succès

Le Spider se situant entre la berline et le monoplace, la direction de la promotion sportive de Renault Sport pense que le Spider est adapté à l’organisation d’une coupe mono-marque. Dès 1996, le Spider Trophy s’inscrit dans la lignée de la Coupe d’Europe R5 Turbo et de l’Europa Cup (Alpine GTA), en proposant des courses pour le moins spectaculaires !

La version compétition est très proche du modèle de série, les principales modifications concernant les portes, la puissance du moteur, portée à 180 ch, et la boîte de vitesse, qui comporte six rapports. De 1996 à 1998, cette coupe mono-marque mettra aux prises une quarantaine de pilotes amateurs et professionnels (dont le Français Franck Lagorce, champion en 1996), de treize nationalités différentes, parfois en lever de rideau des Grands-Prix de Formule 1.

Au total, environ 1730 Spider ont été assemblés à l’usine de Dieppe, dont 90 en version Trophy, entre 1996 et 1999 (3). Au regard de sa conception et de son design innovants, de son agrément de conduite, de sa rentabilité économique et des bénéfices qu’il procura à Renault en terme d’image, le Spider est aujourd’hui considéré comme une véritable success story automobile à la française.

Crédits photos : Laurence GodartBruno Des Gayets et Gérard Planchenault

(1) Spider Story – Wake Upp Editions, 1996
(2) Boîtier Rouge – Renault Sport Spider : un arrière goût d’Alpine, 27/03/2014
(3) www.spider-renault.fr

A propos de l'auteur

Né au Mans à la fin des années soixante-dix, j’ai attrapé le virus de l’automobile et des sports mécaniques dès mon plus jeune âge. Passionné par les médias, l'image et ayant la fibre éditoriale, créer un blog auto s’imposait comme une évidence.

Laisser un commentaire